Personne assise face à un paysage au coucher du soleil illustrant les signes d'un système nerveux dérégulé et le retour progressif au calme.

Il arrive que l’on traverse une période difficile, puis que les choses s’améliorent… sans pour autant retrouver un véritable sentiment d’apaisement. Le quotidien redevient plus calme, mais le corps semble continuer à fonctionner comme si quelque chose demandait encore toute son attention. Certaines réactions persistent, parfois sans que l’on comprenne vraiment pourquoi.

Je vous propose ainsi de découvrir plusieurs signes qui peuvent indiquer que votre système nerveux reste encore mobilisé, ainsi que quelques pistes simples pour l’aider à retrouver progressivement plus de souplesse.

Le retour au calme ne fonctionne pas comme un interrupteur

Lorsque la source de stress disparaît, on imagine souvent que le corps revient naturellement à son état habituel. Pourtant, il arrive que ce retour soit beaucoup plus progressif.

Le système nerveux a une fonction essentielle : nous aider à nous adapter aux situations que notre organisme perçoit comme exigeantes, imprévisibles ou menaçantes. Lorsqu’il est sollicité pendant une longue période, il peut avoir besoin de temps avant de retrouver un fonctionnement plus apaisé.

Autrement dit, le danger peut être terminé… sans que le corps l’ait encore complètement intégré.

C’est un peu comme une alarme qui continue de clignoter quelques instants après que tout est rentré dans l’ordre. Elle ne signale pas forcément qu’un danger est toujours présent. Elle montre simplement que le système n’a pas encore terminé son travail.

Cette réaction n’a rien d’anormal. Elle traduit avant tout une capacité d’adaptation qui a été très sollicitée.

Le plus difficile, c’est que cette mobilisation prolongée passe souvent inaperçue. On s’y habitue progressivement. On pense simplement être quelqu’un de stressé, de tendu ou de très vigilant, alors qu’il est parfois possible que le système nerveux soit simplement resté bloqué dans un mode de fonctionnement devenu automatique.

La bonne nouvelle, c’est que cette capacité d’adaptation fonctionne dans les deux sens.

De la même manière que le système nerveux peut apprendre à rester longtemps mobilisé, il peut aussi réapprendre progressivement à retrouver davantage de calme, de souplesse et de sécurité.

Encore faut-il reconnaître les signaux qu’il nous envoie.

7 signes que votre système nerveux est peut-être encore en état d’alerte

Il n’est pas nécessaire de se reconnaître dans tous ces signes. En revanche, si plusieurs d’entre eux vous semblent familiers depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois, il est possible que votre système nerveux ait encore du mal à retrouver toute sa souplesse.

1. Vous sursautez facilement ou restez constamment sur vos gardes

Certaines personnes remarquent qu’elles réagissent très vite au moindre bruit, à une notification, à quelqu’un qui les interpelle ou à un changement inattendu.

D’autres ont simplement l’impression d’être toujours « en veille », comme si une partie d’elles continuait à surveiller leur environnement en permanence.

Cette vigilance peut être utile lorsqu’une situation demande de la réactivité. En revanche, lorsqu’elle devient presque permanente, elle laisse peu de place à la récupération.

Ce que cela peut traduire

Lorsque le système nerveux reste mobilisé depuis longtemps, il peut continuer à privilégier la détection de ce qui pourrait demander une réponse rapide. Ce fonctionnement est protecteur, mais il peut devenir fatigant lorsqu’il persiste alors que le contexte est redevenu plus calme.

Ce que vous pouvez essayer

Avant de chercher à vous détendre, commencez simplement par observer.

  • À quels moments êtes-vous le plus en alerte ?
  • Quels environnements vous permettent, au contraire, de sentir que votre vigilance diminue naturellement ?

Identifier ces moments constitue déjà ainsi une première étape importante.

À retenir

La vigilance n’est pas un problème en soi. C’est sa durée qui peut empêcher le système nerveux de récupérer pleinement.

2. Votre corps reste tendu sans que vous vous en rendiez compte

Vous réalisez parfois, en fin de journée, que vos épaules sont remontées depuis des heures.
Ou que votre mâchoire est serrée.
Ou encore que votre respiration est restée courte sans que vous l’ayez remarqué.

Avec le temps, ces tensions peuvent devenir tellement habituelles qu’elles passent inaperçues.

Ce que cela peut traduire

Le corps mémorise aussi certaines habitudes de fonctionnement.

Lorsqu’il reste longtemps mobilisé, la tension musculaire peut devenir un état « par défaut », même lorsque plus rien n’exige réellement cette mobilisation.

Ce que vous pouvez essayer

Plusieurs fois dans la journée, prenez quelques secondes pour vous poser une seule question :
« Comment est mon corps en ce moment ? »
Sans chercher immédiatement à modifier quoi que ce soit.
Simplement observer.

Cette prise de conscience précède souvent le relâchement.

À retenir

On ne peut pas relâcher une tension que l’on ne perçoit pas.

3. Vous culpabilisez lorsque vous ralentissez

Vous avez enfin un moment libre.
Et pourtant…

Vous ressentez rapidement le besoin de faire quelque chose.

Répondre à un message.
Ranger.
Avancer sur un dossier.
Être productif.

Comme si ralentir devenait inconfortable.

Ce que cela peut traduire

Chez certaines personnes, l’activité permanente finit par devenir une façon de maintenir un certain équilibre intérieur.
Le calme peut alors sembler inhabituel, voire légèrement inconfortable.

Ce que vous pouvez essayer

Accordez-vous volontairement quelques minutes sans objectif précis.

Pas pour être plus performant ensuite.
Simplement pour observer ce qui se passe lorsque vous n’avez rien à produire.

À retenir

Le repos devient plus difficile lorsqu’il est vécu comme une perte de temps.

4. Le moindre imprévu vous demande beaucoup d’énergie

Un changement de programme.
Un e-mail inattendu.
Une remarque.
Un rendez-vous déplacé.

Et vous avez l’impression que toute votre journée est désorganisée.

Ce que cela peut traduire

Lorsqu’un système nerveux dispose de peu de ressources disponibles, il devient souvent plus difficile de s’adapter aux changements.

Ce n’est pas forcément l’imprévu qui est problématique.
C’est parfois la quantité d’énergie nécessaire pour y faire face.

Ce que vous pouvez essayer

Lorsque quelque chose ne se passe pas comme prévu, prenez quelques respirations avant de chercher immédiatement une solution.
Cela peut permettre au corps de sortir progressivement d’une réaction automatique.

À retenir

Plus un système nerveux retrouve de la souplesse, plus il s’adapte facilement aux imprévus.

5. Vous avez du mal à profiter des moments calmes

Vous attendiez ce week-end depuis longtemps.
Ou ces vacances.
Et pourtant…

Une fois arrivé, votre mental continue de tourner.
Vous pensez déjà à la semaine suivante.
Ou vous cherchez instinctivement quelque chose à faire.

Ce que cela peut traduire

Le calme extérieur ne suffit pas toujours à créer un sentiment de calme intérieur.
Lorsque le système nerveux reste mobilisé, il peut lui falloir un certain temps avant d’intégrer que le contexte a réellement changé.

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Au lieu de chercher immédiatement à vous détendre, essayez simplement de revenir à ce que vous percevez autour de vous.

Les sons.
La température.
Vos appuis.
Votre respiration.

Cette attention portée au présent constitue déjà un signal de sécurité pour le système nerveux.

À retenir

Le calme ne se décrète pas. Il se construit progressivement.

6. Vous avez l’impression de fonctionner en pilote automatique

Les journées s’enchaînent.
Vous faites ce qu’il faut faire.
Vous gérez.
Vous avancez.

Mais, parfois, vous réalisez que vous avez traversé toute une journée sans vraiment avoir eu le sentiment d’être pleinement présent·e.

Ce que cela peut traduire

Lorsque beaucoup de ressources sont mobilisées pour gérer le quotidien, il reste parfois moins de disponibilité pour ressentir pleinement ce qui se passe.
Le cerveau privilégie alors l’efficacité plutôt que la présence.

Ce que vous pouvez essayer

Choisissez un moment très simple de votre journée.

Boire un café.
Marcher.
Vous laver les mains.

Pendant une minute, essayez simplement d’être pleinement attentif à cette seule activité.

À retenir

La présence s’entraîne, elle aussi, progressivement.

7. Les activités qui vous faisaient du bien semblent avoir moins d’effet

Vous continuez à faire du sport.
À voir vos proches.
À sortir.
À pratiquer une activité que vous appréciez.

Pourtant, vous avez parfois l’impression que cela ne vous ressource plus autant qu’avant.

Ce que cela peut traduire

Lorsque le système nerveux reste longtemps mobilisé, il peut devenir plus difficile d’accéder pleinement aux sensations de récupération, de plaisir ou de détente.

Cela ne signifie pas que ces activités ne servent plus à rien.
Elles ont parfois simplement besoin d’être vécues dans un état physiologique plus disponible pour produire pleinement leurs effets.

Ce que vous pouvez essayer

Avant de commencer une activité qui vous fait habituellement du bien, prenez quelques instants pour ralentir votre rythme, observer votre respiration et sentir vos appuis.
Quelques secondes peuvent parfois suffire à modifier la manière dont le corps vit ensuite cette expérience.

À retenir

Ce n’est pas toujours l’activité qui change.
C’est parfois l’état dans lequel nous la vivons.

Ces signes ne sont pas une fatalité

Si vous vous êtes reconnu·e dans plusieurs de ces situations, il peut être tentant de penser que vous êtes simplement quelqu’un de stressé, de trop anxieux ou incapable de vous détendre.

Pourtant, les choses sont souvent plus nuancées.

Le système nerveux est un formidable organe d’adaptation.
S’il a appris à rester longtemps mobilisé pour répondre à une période exigeante, il peut également apprendre, progressivement, à retrouver davantage de souplesse lorsque les conditions le permettent.

Cette évolution ne se fait généralement ni en un jour, ni par la seule volonté.
Elle repose davantage sur des expériences répétées que sur des efforts ponctuels.

Autrement dit, il ne s’agit pas de forcer le calme.
Il s’agit de permettre progressivement au corps de le retrouver.

Comment aider progressivement son système nerveux à retrouver plus de souplesse

Il n’existe pas de solution universelle, et chaque personne possède son propre rythme.
En revanche, certains principes reviennent régulièrement lorsque l’on cherche à retrouver une meilleure capacité de récupération.

Commencer par observer avant de vouloir changer

Lorsque l’on ne se sent pas bien, le premier réflexe est souvent de chercher immédiatement une solution.

Respirer différemment.
Méditer.
Faire du sport.
Lire un livre.
Télécharger une nouvelle application.

Toutes ces approches peuvent être utiles.
Mais avant cela, il est souvent intéressant d’apprendre à observer son propre fonctionnement.

  • À quels moments votre respiration devient-elle plus courte ?
  • Quand vos épaules se crispent-elles ?
  • Quelles situations vous permettent, au contraire, de sentir votre corps se relâcher naturellement ?

Cette observation permet progressivement de mieux comprendre son fonctionnement au lieu de lutter contre lui.

Le corps a besoin de vivre le calme, pas seulement de le comprendre

Comprendre son fonctionnement est précieux.
Mais comprendre ne suffit pas toujours.

Beaucoup de personnes savent déjà qu’elles devraient ralentir.
Elles savent qu’elles respirent trop vite lorsqu’elles sont stressées.
Elles savent qu’elles devraient prendre davantage de temps pour elles.
Pourtant, cela ne change pas toujours ce qu’elles ressentent.

Pourquoi ?

Parce que le système nerveux apprend avant tout par l’expérience.
Plus il vit des situations dans lesquelles il peut ressentir de la sécurité, plus il développe progressivement sa capacité à revenir vers un état de calme.

Miser sur la régularité plutôt que sur l’intensité

Nous avons souvent tendance à imaginer qu’il faudrait réaliser de longues séances pour ressentir des effets.

En réalité, quelques minutes répétées régulièrement sont souvent plus utiles qu’une heure de pratique occasionnelle.
Le système nerveux apprécie la répétition.

Comme n’importe quel apprentissage, ce sont les expériences répétées qui permettent progressivement d’installer de nouveaux repères.

Ce n’est pas la perfection qui compte.
C’est la régularité.

Chercher davantage de souplesse que de contrôle

Pendant longtemps, beaucoup de personnes essaient de contrôler leur stress.
Contrôler leurs pensées.
Contrôler leurs émotions.
Contrôler leur respiration.

Or, plus on cherche à tout contrôler, plus il devient parfois difficile de laisser le corps retrouver son propre équilibre.

L’objectif n’est pas d’être calme en permanence.
Il est de retrouver la capacité à s’adapter.

À accélérer lorsqu’une situation le demande.
Puis à ralentir lorsque cette mobilisation n’est plus nécessaire.

C’est cette souplesse qui constitue souvent un bon indicateur de récupération.

Accepter que récupérer soit un apprentissage

On considère souvent qu’il suffit de se reposer pour récupérer.

En réalité, certaines personnes ont passé tellement de temps à fonctionner sous pression que leur système nerveux a parfois besoin de réapprendre progressivement ce que signifie un état de sécurité.

Cette évolution demande rarement des efforts supplémentaires.
Elle demande surtout des expériences répétées dans lesquelles le corps découvre qu’il peut, petit à petit, relâcher une partie de cette mobilisation devenue automatique.

✋ Observer ces signes ne signifie pas qu’il faille tout changer du jour au lendemain.
Bien souvent, le simple fait de mieux comprendre son fonctionnement permet déjà de porter un regard différent sur ce que l’on vit.
Et ce changement de regard constitue souvent le premier pas vers une récupération plus profonde.

Ce qu’il faut retenir

Rester en état d’alerte ne signifie pas forcément qu’un danger est encore présent.
Parfois, c’est simplement le signe qu’un système nerveux a été fortement sollicité et qu’il a besoin de temps pour retrouver toute sa capacité d’adaptation.

Reconnaître ces signes ne doit pas conduire à s’inquiéter davantage ou à chercher une solution immédiate.
Au contraire.

En effet, ils peuvent devenir des repères précieux pour mieux comprendre son fonctionnement et commencer à prendre soin de soi différemment.

La récupération ne consiste pas uniquement à dormir plus ou à ralentir son rythme.
Elle passe aussi par la capacité du corps à retrouver progressivement un sentiment de sécurité, de disponibilité et de souplesse.

Et cette capacité peut évoluer.
Pas grâce à la volonté.
Mais grâce à des expériences répétées qui permettent au système nerveux d’apprendre ainsi qu’il n’a plus besoin de rester constamment mobilisé.

Besoin d’aider votre système nerveux à retrouver plus de souplesse ?

Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces situations et que vous avez l’impression de rester constamment sur vos gardes, un accompagnement en sophrologie peut vous aider à retrouver progressivement des repères plus stables.

L’objectif n’est pas d’apprendre à être calme en permanence.

Il est de permettre à votre système nerveux de retrouver une plus grande capacité d’adaptation, afin qu’il puisse mobiliser son énergie lorsque c’est nécessaire… puis revenir plus facilement au calme lorsque la situation le permet.

Aurélie Bousset | ori9ine | Régulation du système nerveux

Aurélie Bousset ⚓️ Régulation du système nerveux

Aurélie Bousset

Sophrologue & monitrice d’apnée.
J’aide les particuliers et les entreprises à réguler leur système nerveux, via des accompagnements structurés.

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Sophrologue & monitrice d’apnée, experte stress & physiologie. J’aide les particuliers et les entreprises à réguler leur système nerveux, via des accompagnements structurés.

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